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En résumé :

  • L'inertie thérapeutique est fréquente : l'intensification du traitement peut être retardée de 1 à 7 ans, bien au-delà des 3 à 6 mois recommandés par la HAS et la SFD.2,3
  • Un retard d'un an suffit à augmenter le risque d'infarctus du myocarde de 67 %.1
  • Les freins sont multiples : complexité perçue de l'insuline, craintes du patient, contraintes organisationnelles.4
  • Une communication adaptée peut multiplier par 1,6 l'adhésion au traitement.5

Le saviez-vous ?

Un retard d’intensification d’un an peut augmenter le risque d’infarctus du myocarde de 67%1.

L'inertie thérapeutique : un enjeu majeur dans la prise en charge du diabète de type 2

L’inertie thérapeutique correspond à l’absence d’initiation ou d’intensification d’un traitement alors que les objectifs glycémiques ne sont pas atteints.

Dans la pratique, des délais importants peuvent être observés entre la constatation d’un déséquilibre glycémique et l’adaptation du traitement.

Chez les patients présentant une HbA1c supérieure à 7 %, l’intensification thérapeutique peut intervenir après un délai allant de 1 à 7 ans2.

Ces délais contrastent avec les recommandations actuelles (HAS & SFD) qui préconisent d’intensifier ou d’adapter le traitement dans un délai de 3 à 6 mois lorsque l’objectif glycémique n’est pas atteint.3,4

Un retard d’intensification associé à un risque cardiovasculaire accru 

Dans une étude de cohorte rétrospective portant sur des patients atteints de diabète de type 2 (Paul et al., Cardiovascular Diabetology, 2015), un retard d'intensification thérapeutique d'un an est associé à une augmentation significative du risque de :

  • +67 % d’infarctus1
  • +64 % d’insuffisance cardiaque1
  • +62 % d’évènements cardiovasculaires composites1
  • +51 % d’accidents vasculaires cérébraux1

Ces données soulignent l’importance d’identifier rapidement les patients ne répondant plus aux traitements en cours afin d’adapter la stratégie thérapeutique.

Pourquoi l’inertie thérapeutique persiste-t-elle ?

L’inertie thérapeutique est multifactorielle et peut être liée à différents facteurs4.

FACTEURS LIÉS À LA PRATIQUE CLINIQUE

  • Tendance à optimiser les traitements déjà en place avant d’envisager une adaptation plus globale de la stratégie thérapeutique
  • Complexité perçue de l’insulinothérapie
  • Contraintes organisationnelles et temps limité en consultation.

FACTEURS LIES AUX PATIENTS

  • Crainte des injections ou des hypoglycémies
  • Perception de l’insuline comme un échec thérapeutique
  • Inquiétudes concernant l’impact du traitement sur la qualité de vie.

Ces éléments peuvent conduire à retarder la décision d’intensifier le traitement.

La communication : un levier pour faciliter l’adaptation du traitement

La relation médecin-patient joue un rôle important dans l’acceptation des adaptations thérapeutiques.

Une communication efficace peut contribuer à :

  • améliorer l’adhésion au traitement
  • faciliter la compréhension des enjeux thérapeutiques
  • réduire les résistances liées à l’introduction de l’insuline.

Certaines études montrent également que :

x1,6 Probabilité d’adhésion au traitement lorsque le médecin est formé à la communication5
+19% Risque de non-observance en cas de communication insuffisante6

Explorer les représentations du patient et aborder l’insuline comme une étape cohérente de l’évolution naturelle de la maladie peut faciliter l’acceptation du traitement7.

En pratique : quand envisager l’introduction de l’insuline ?

Selon les recommandations de la SFD 2025, l’insuline peut être envisagée lorsque :

  • l’objectif glycémique n’est pas atteint malgré l’optimisation du traitement
  • les traitements antidiabétiques oraux ± agonistes des récepteurs du GLP-1 sont insuffisants
  • un déséquilibre glycémique prolongé doit être évité3.

Dans ce contexte, la préparation du patient en amont et l’explication du rôle de l’insuline dans l’évolution du diabète peuvent faciliter la transition thérapeutique7.

À retenir pour la pratique

  • L’inertie thérapeutique reste fréquente dans la prise en charge du diabète de type 2.
  • Chez certains patients, l’intensification thérapeutique peut intervenir 1 à 7 ans après l’échec du traitement initial4.
  • Les recommandations préconisent une adaptation du traitement dans un délai de 3 à 6 mois lorsque l’objectif glycémique n’est pas atteint2,3.
  • Un retard d’intensification d’un an peut être associé à une augmentation significative du risque cardiovasculaire1.
  • Une communication claire avec le patient peut faciliter l’acceptation de l’insuline et contribuer à limiter l’inertie thérapeutique5-7.

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Références
  1. Paul SK, et al. Delay in treatment intensification increases the risks of cardiovascular events in patients with type 2 diabetes. Cardiovasc Diabetol. 2015;14:100.
  2. HAS. Stratégie médicamenteuse du contrôle glycémique du diabète de type 2. Mise à jour. 2024.
  3. Société Francophone du Diabète (SFD). Recommandations de prise en charge du diabète de type 2. 2025.
  4. Rodriguez P, et al. Therapeutic inertia in type 2 diabetes management. Diabetes Therapy. 2024;15:567-583.
  5. Comfort V, et al. Impact of communication on treatment adherence. Cureus. 2025;17(5):e84910.
  6. Zolnierek KB, DiMatteo MR. Physician communication and patient adherence to treatment. Medical Care. 2009;47(8):826-834.
  7. Polonsky WH, et al. Psychological insulin resistance. Int J Clin Pract. 2017;71:e12973.

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