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Modèles anatomiques 3D semi-transparents montrant deux têtes humaines en profil.
Modèles anatomiques 3D semi-transparents montrant deux têtes humaines en profil.

Polypose naso-sinusienne

 

Présentation globale1 : 
La polypose nasale, également appelée rhinosinusite chronique avec polypes nasaux (CRSwNP), est une pathologie inflammatoire chronique de la muqueuse naso-sinusienne.  
Elle se caractérise par la formation d'excroissances bénignes (polypes) dans les cavités nasales, pouvant entrainer jusqu’à une obstruction nasale totale et une anosmie. 
Souvent associée à l'asthme, cette affection nécessite une prise en charge ORL spécialisée.

Le diagnostic et la classification de la polypose naso-sinusienne sont principalement cliniques, reposant sur les symptômes du patient tels que la perte d'odorat, l'obstruction nasale et le Nasal Polyps Score1 (NPS) ; l'évaluation de ces symptômes s'appuie à la fois sur des échelles visuelles analogiques (EVA) et sur des tests objectifs de l'olfaction, notamment l'UPSIT (University of Pennsylvania Smell Identification Test) et le SST (Sniffin' Sticks Test). 
Pour une description exhaustive des critères diagnostiques et de la classification de la polypose naso-sinusienne, se référer à la section "diagnostic". 

Score NPS par narine *(Allant de 0 - Absence de polype, à 4 - présence de grands polypes) 
Le score bilatéral total va de 0 à 8 (somme des deux narines). 
 

Les patients atteints de PNS sévère présentent typiquement les symptômes suivants

Perte d'odorat (hyposmie/anosmie) : liée à la dégradation de la fonction des neurones olfactifs, elle constitue l'un des symptômes les plus invalidants de la maladie1

Polypes nasaux bilatéraux : formations inflammatoires obstruant les voies nasales, visibles à l'endoscopie1

Obstruction nasale / congestion : symptôme cardinal, évalué sur une échelle de 0 à 3 ; les patients en stade sévère présentent un score moyen de 2,35 à 2,43.2

Douleur et pression faciale : liées à l'inflammation chronique des sinus1

Écoulement nasal : rhinorrhée antérieure ou postérieure1

Pictogrammes représentant la formation des polypes nasaux, l'obstruction nasale, le perte de l'odorat, la douleur et pression faciale et l'écoulement nasal.

Diagnostic

Selon l'EPOS 2020, la polypose naso-sinusienne est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par le développement de formations polypoïdes bilatérales dans les cavités naso-sinusiennes. Chez la majorité des patients, la PNS est associée à une réponse inflammatoire de type 2. Le développement des polypes et leur persistance résulte du caractère chronique de la réponse inflammatoire et du remodelage de la muqueuse naso-sinusienne qui en découle.1

Elle est bilatérale, chronique et variable.

Pour la diagnostiquer, il faut au moins 2 des symptômes suivants sur une durée supérieure ou égale à 12 semaines : 

  • Congestion nasale
  • Rhinorrhée
  • Hyposmie / Anosmie
  • Algie faciale

Le diagnostic de PNS sévère repose sur l'association des éléments suivants :

  • Score endoscopique bilatéral des polypes nasaux ≥ 5 sur 8 (minimum 2 par narine), évalué par endoscopie nasale1,2
  • Présence d'au moins 2 des symptômes suivants malgré un traitement par corticostéroïdes intra-nasaux :2
  • Congestion nasale ou obstruction
  • Perte de l'odorat
  • Écoulement nasal
  • Maladie insuffisamment contrôlée malgré un traitement par corticostéroïdes systémiques et/ou une chirurgie naso-sinusienne dans les 2 années précédentes1

Quels sont les examens complémentaires ?1,2

Examen

Objectif

Outil d'évaluation

TDM des sinus

Évaluation de l'opacification sinusienne

Score de Lund-Mackay (0–24)

Tests olfactifs

Quantification de la perte d'odorat

UPSIT score de 0 à 40, SST

Questionnaire SNOT-22

Évaluation de la qualité de vie

Score de 0 à 110

Une inflammation de type 2 prédominante

Dans 80% des cas (dans les pays occidentaux), la PNS est associée à une inflammation de type 2, marquée par une activation des lymphocytes Th2, des éosinophiles, des mastocytes et des basophiles.3,4

Rôle central des cytokines de type 2

La réponse immunitaire de type 2 est orchestrée par 3 cytokines clés : IL-4, IL-13 et IL-5.5

 

IL-4

IL-13

IL-5

Différenciation des cellules Th2.

🔵

 

 

Commutation de classe des lymphocytes B et production d'IgE.

🔵

🟡

 

Disfonctionnement de la barrière épithéliale, hyperplasie des cellules caliciformes et hypersécrétion de mucus.

🔵

🟡

 

Remodelage tissulaire et formation des polypes nasaux.

🔵

🟡

 

Recrutement et traffic des éosinophiles vers le mucus et les tissus.

🔵

🟡

🔴

Différenciation des éosinophiles dans la moelle osseuse.

 

 

🔴

Manifestations cliniques associées1

Pictogrammes représentant la perte d'odorat, les polypes nasaux, l'obstruction nasale, la douleur faciale et l'écoulement nasal.

Une maladie systémique aux multiples comorbidités

La PNS sévère est rarement isolée. Elle s'inscrit fréquemment dans un contexte d'inflammation de type 2 systémique, associée à de nombreuses comorbidités.8

Pathologies associées

pictogramme asthme

Asthme

  • Présent dans 20 à 40% des patients atteints de PNS sévère dans les études cliniques11
  • L'association PNS-asthme témoigne d'une atteinte des voies respiratoires dans leur ensemble, dans le cadre d'une inflammation de type 2 partagée8
pictogramme poumons

Maladie respiratoire exacerbée par les AINS (MREA / AERD)

  • Présente chez 15% des patients atteints de PNS sévère11
  • Caractérisée par une triade : PNS, asthme et hypersensibilité aux anti-inflammatoires non stéroïdiens1

Risques liés aux traitements répétés

  • Le recours répété aux corticostéroïdes oraux expose les patients à des effets indésirables à long terme, notamment chez les patients présentant des facteurs de risque (obésité, diabète, ostéoporose)9
  • Le taux de récidive après chirurgie est élevé, soulignant le caractère chronique et récidivant de la maladie10

Pour les patients qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque12
(obésité, diabète, ostéoporose, population pédiatrique par exemple)

Dose cumulée annuelle à ne pas dépasser
500 mg/an

Pour les patients qui ne présentent pas de facteurs de risque12

Dose cumulée annuelle à ne pas dépasser
1 g/an

Stratégie thérapeutique progressive

La prise en charge de la PNS sévère suit une approche par paliers, dont l'objectif est le contrôle des symptômes et la réduction du recours aux traitements systémiques.1; 11

Schéma de traitement de la polypose naso-sinusienne selon la sévérité : escalade thérapeutique de l'irrigation saline et corticoïdes nasaux vers la chirurgie, avec options post-chirurgicales incluant biothérapies ou nouvelle intervention.

** Les recommandations SFORL 2023 définissent la chirurgie comme étant une ethmoïdectomie11.
*** Pour les recommandations SFORL 2023

# Approuvées par la HAS11

À retenir

Palier 1 — Traitement de fond de base1,11
Irrigation saline + Corticostéroïdes intra-nasaux (CSIN)

  • Traitement de première intention
  • Les CSIN réduisent l'inflammation locale

Palier 2 — En cas d'échec du traitement de base
Irrigation saline + CSIN + Cures courtes de corticostéroïdes oraux1

  • Les corticostéroïdes oraux permettent une réduction temporaire des polypes et des symptômes. Leur utilisation répétée expose à des effets indésirables à long terme, nécessitant une évaluation de la dose cumulée annuelle

Palier 3 — Chirurgie
Irrigation saline + CSIN ± corticostéroïdes oraux + Chirurgie

  • La chirurgie de référence est l'ethmoïdectomie11. Le taux de récidive est élevé, limitant l'efficacité à long terme1

Palier 4 — En cas d'échec ou de récidive après chirurgie
Irrigation saline + CSIN ± corticostéroïdes oraux + Nouvelle chirurgie ou Biothérapie

Selon les recommandations SFORL 202311:

  • Si non-contrôle < 2 ans après chirurgie : Choix 1 → Biothérapie ; Choix 2 → Chirurgie
  • Si contrôle > 2 ans après chirurgie : Choix 1 → Chirurgie ; Choix 2 → Biothérapie

References :

  1. Fokkens WJ, et al. European Position Paper on Rhinosinusitis and Nasal Polyps. Rhinology. 2020;58(Suppl S29):1-464
  2. Bachert C, et al. The Lancet. 2019;394(10209):1638-1650
  3. Schleimer RP. Immunopathogenesis of Chronic Rhinosinusitis and Nasal Polyposis. Annu Rev Pathol. 2017;12:331–357
  4. Chaaban MR, et al. Am J Rhinol Allergy. 2013;27(6):473-8
  5. Gandhi NA, et al. Targeting key proximal drivers of type 2 inflammation in disease. Nat Rev Drug Discov. 2016;15(1):35-50
  6. Akdis CA, Bachert C, Cingi C, et al. Endotypes and phenotypes of chronic rhinosinusitis: a PRACTALL document of the European Academy of Allergy and Clinical Immunology and the American Academy of Allergy, Asthma& Immunology. J Allergy Clin Immunol. 2013;131(6):1479-1490.
  7. Kato A. Immunopathology of chronic rhinosinusitis. Allergol Int. 2015;64(2):121-130.
  8. Khan A, et al. The Global Allergy and Asthma European Network (GALEN) rhinosinusitis cohort: a large European cross-sectional study of chronic rhinosinusitis patients with and without nasal polyps. Rhinology. 2019;57(1):32-42
  9. Bourdin A, et al. Eur Respir Rev. 2020;29(155):190085
  10. DeConde AS, et al. Laryngoscope. 2017;127(3):550-555
  11. SFORL. Prise en charge ORL de la Polypose Naso-sinusienne de l'adulte. 2023
  12. Bourdin A, et al. How can we minimise the use of regular oral corticosteroids in asthma? Eur Respir J. 2020;29:190085.
Illustration 3D : cellules de l'inflammation de type 2 dans l'organisme.
Illustration 3D : cellules de l'inflammation de type 2 dans l'organisme.

Les acteurs clés de l’inflammation de type 2 dans la polypose naso-sinusienne (PNS)

La polypose naso-sinusienne est une forme de rhinosinusite chronique caractérisée par une inflammation persistante de la muqueuse nasale et des sinus paranasaux, responsable d'une altération significative de la qualité de vie.

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La gazette de la popypose naso-sinusienne - Qualité de vie du patient.

La polypose naso-sinusienne : un fardeau sous-estimé pour la qualité de vie ?

Le traitement de la polypose nasosinusienne (PNS) se base sur les plaintes des patients et leur qualité de vie. Afin d’évaluer l’impact de la PNS sur le quotidien des patients souffrant de dysfonctionnements nasosinusiens chroniques (DNC) dont la PNS fait partie, plusieurs questionnaires ont été développés. Depuis 2009, le questionnaire SNOT-22 (SinoNasal Outcome Test, 22 items) mesure l’inconfort lié aux symptômes nasosinusiens et leur retentissement sur la qualité de vie1. Largement utilisé, ce questionnaire agrège de nombreuses données en un score mixte global. Cependant, son utilisation est limitée lorsqu’un seul symptôme domine, notamment l’anosmie/hyposmie, l’odorat ne correspondant qu’à un seul item (item 21). Ainsi, un patient avec une anosmie très invalidante peut avoir un score total bas tout en masquant un retentissement majeur sur sa qualité de vie. Le questionnaire DyNaChron [2] (55 items3), développé par une étude multicentrique française, publié en 2012, permet d’évaluer 6 domaines principaux de DNC1 et leur impact sur la qualité de vie2. À travers ces 3 études, nous vous proposons de découvrir l’impact des symptômes de la PNS sur la qualité de vie des patients et leur prise en charge à l’aide de ces questionnaires.

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MAT-FR-2602476-09/26