- Article
- Source : Campus Sanofi
- 6 mai 2026
Le diabète de type 1 : mieux comprendre le vécu du diagnostic pour mieux accompagner

L'étude DiagDT1 en chiffres1
Quelques chiffres marquants :
- 1 personne sur 2 diagnostiquée en situation d’urgence
- 57% des patients et 74% des proches ont souffert d’anxiété ou de dépression après le diagnostic
- Seulement 16% des patients se sont vu proposer un accompagnement psychologique, alors que 84% de ceux qui en ont bénéficié l’ont jugé utile
Dépistage du diabète de type 1 préclinique : une opportunité de transformation
Le dosage des auto-anticorps permet d'identifier les stades précliniques du DT1, notamment chez les apparentés de personnes vivant avec un diabète type 1. L'étude DiagDT1 révèle une forte attente d'information sur cette possibilité, mais aussi des perceptions nuancées quant à son impact.1,2
Un besoin d‘information partagé1
- 92 % des participants estiment qu'il est important d'informer sur l'existence d'un test de dépistage diabète type 1
- 96 % des répondants seraient prêts à en parler à leurs proches potentiellement concernés
Dépistage DT1 préclinique : une décision personnelle éclairée
Dans la majorité des cas — environ 95% — l'absence de détection d'auto-anticorps apporte un soulagement aux familles.2
Lorsqu'on lui a proposé (le test du dépistage), elle nous a dit que ça l'avait soulagée parce que pour elle, elle était persuadée qu'elle allait l'avoir vu que ses deux frères et sa mère l'avaient. Voilà donc c'est plutôt finalement les résultats négatifs qui ont été un vrai soulagement pour elle.
56 ans, mère de deux enfants de 15 et 19 ans
Pour les 5% de cas positifs, le dépistage permettrait une préparation progressive et un accompagnement adapté, évitant le traumatisme de l'urgence de l'acidocétose. Toutefois, ce suivi d'une maladie préclinique à progression variable peut engendrer une anxiété chez certaines personnes dépistées et leur famille.
Cette balance entre bénéfices et incertitudes se reflète dans les témoignages de l’étude DiagDT1 qui montrent une diversité de positions : certains souhaitent savoir, d'autres préfèrent se protéger d'une potentielle mauvaise nouvelle. Si le choix relève d'une décision personnelle, l'accès à l'information apparaît comme un besoin partagé.
- 35 % des patients et 37 % des proches pensent qu'un diagnostic précoce aurait modifié leur vécu avec la maladie
- Les bénéfices évoqués : meilleure préparation psychologique, évitement du contexte d'urgence, compréhension progressive des traitements1
Andréa, diagnostiquée en acidocétose sévère à l’âge de 21 ans, témoigne dans ce podcast de l'apaisement apporté par le dépistage de ses filles :
Cette épée de Damoclès, ça existe depuis que mes enfants sont nés. [...] Ça (le dépistage) m'a enlevé cette épée de Damoclès parce que je sais que, normalement, leur risque est quasi zéro de développer un diabète de type 1.
Arnaud Bubeck du DiabèteLAB rappelle :
Le message qu'on donne, en général, c'est de ne pas rester seul face à la maladie. Tournez-vous vers des associations qui peuvent vous accompagner. N'hésitez pas à faire appel à des professionnels de santé mentale.
MAT-FR-2601936-05/26
L’impact psychologique du diagnostic du DT1 : un enjeu pour les familles1
Au-delà du choc émotionnel initial, les besoins d'accompagnement psychologique restent largement insatisfaits. Arnaud Bubeck, souligne :
Plus de la moitié de ceux qui vivent avec un diabète de type 1 expérimentent à posteriori qu'ils auraient eu besoin d'un accompagnement psychologique au moment du diagnostic. Ce chiffre monte à plus de 75 % pour les proches.
Au-delà du soutien psychologique, le besoin de pair-aidance est tout aussi fort : 73% des patients et 88% des proches estiment qu'un accompagnement par des patients experts aurait pu les aider dans l'année suivant le diagnostic.
Dans cette vidéo, Flavie Flamant anime un échange avec Arnaud Bubeck et Barthélémy Bourdon (psychologue social), sur l'impact psychologique du diagnostic, l'importance des mots choisis lors de l'annonce et les pistes pour mieux accompagner ce moment.
Diagnostic du DT1 : impact psychologique et accompagnement
(0:00) Aujourd'hui, nous allons parler de ce qui se passe dans la tête des patients, (0:03) mais également dans celle de leurs proches. (0:05) Car le diabète de type 1 est une maladie qui a des répercussions profondes (0:09) sur le mental et l'émotionnel de ceux qui en sont atteints. (0:13) En France, chaque année, des milliers de personnes déclarent un diabète de type 1. (0:17) Alors, si vous ne connaissez pas, c'est une maladie auto-immune (0:20) qui débarque dans la vie sans prévenir (0:21) et qui bouleverse profondément la vie de ceux qui en sont atteints et de leur famille.
(0:26) Et ça, l'étude DiagnDT1 le montre très bien. (0:29) En fait, l'idée, c'est de détecter le plus précocement possible cette maladie. (0:34) Pourquoi ? Pour mieux accompagner les patients, (0:36) mais également pour mieux prendre en charge cette maladie.
(0:39) Et c'est devenu une priorité de santé publique. (0:42) Car écoutez bien, dans près d'un cas sur deux, le diagnostic survient trop tard. (0:47) Et pour en parler aujourd'hui, à mes côtés, Arnaud Bubec.
(0:51) Bonjour Arnaud. (0:51) Bonjour. (0:52) Merci d'être avec nous, Arnaud.
(0:53) Vous êtes responsable du Diabète Lab à la Fédération française des diabétiques. (0:57) Et à vos côtés, Barthélémy Bourdon-Baron-Munoz. (1:00) Bonjour.
(1:00) Merci d'être avec nous. (1:02) Vous êtes psychologue social spécialisé dans les comportements en santé. (1:06) Arnaud, on va commencer avec vous si vous le voulez bien.
(1:08) Dans cette étude, il y a des chiffres qui sont assez édifiants. (1:10) D'abord, plus de la moitié de ceux qui sont atteints de diabète de type 1 (1:15) expriment a posteriori qu'ils auraient eu besoin d'un accompagnement psychologique (1:19) au moment du diagnostic. (1:21) Tout à fait, c'est un chiffre très important.
(1:23) Et il est encore plus important pour les proches des personnes atteintes de diabète de type 1, (1:26) souvent les parents, qui sont plus de 75 %, donc plus de trois quarts, (1:30) à estimer qu'avec le recul, ils auraient eu besoin d'un accompagnement psychologique (1:34) après l'annonce de la maladie. (1:37) Donc le besoin est vraiment très important. (1:39) Et on a vu aussi dans notre enquête que 91 % des patients (1:42) déclaraient que leur équilibre personnel avait été bouleversé (1:45) suite à l'annonce du diagnostic.
(1:47) Et là aussi, l'impact était plus important pour les proches (1:49) puisqu'ils étaient 98 % à le déclarer. (1:52) Il y a un autre chiffre qui m'a laissé sans voix, en fait, dans cette étude. (1:55) 30 % des personnes atteintes par le diabète de type 1 (1:59) n'ont pas compris les explications médicales (2:02) qu'on leur a données au moment de l'annonce.
(2:04) Et à propos d'annonces, justement, les mots, ils ont leur importance. (2:07) Oui, tout à fait. (2:08) Ce qu'on voyait dans notre enquête, c'était l'importance des mots (2:11) prononcés par le personnel médical au moment de l'annonce, (2:14) qui étaient souvent centrés sur les risques et les complications liées à la maladie (2:17) et qui pouvaient parfois induire des peurs, voire des traumatismes chez les patients.
(2:22) Vous avez des exemples concrets comme ça à nous donner ? (2:24) Oui, ce qui était frappant, c'était qu'après bien des années, parfois des décennies, (2:28) les personnes se souvenaient précisément des mots qui avaient été prononcés à ce moment-là. (2:32) Je me souviens notamment de cette personne qui m'a raconté (2:33) qu'on lui avait dit « Prenez votre dernier bon repas » au moment du diagnostic. (2:38) Je me souviens aussi de cette dame âgée qui me parlait d'elle enfant (2:41) et à qui on avait annoncé le diabète (2:43) et à qui on avait interdit de faire de la danse alors que c'était son rêve.
(2:46) Donc, si je peux résumer ce que vous nous dites, Arnaud, (2:49) c'est que prendre le temps, trouver les bons mots, (2:52) ça permet d'amortir le choc de l'annonce, (2:55) d'où l'importance aussi d'un dépistage précoce. (2:58) Oui, tout à fait. Et ce qu'on voit aussi dans l'enquête, (3:00) c'est que 92 % des participants pensaient qu'il était important (3:04) d'informer sur l'existence de ce test de dépistage (3:07) et 96 % des répondants à l'enquête étaient prêts à en parler à leurs proches (3:11) qui pouvaient être concernés.
(3:13) Barthélémy, ce que nous explique Arnaud très clairement, (3:16) c'est le lien entre le dépistage et l'accompagnement. (3:19) En fait, le dépistage, c'est, je dirais, une façon moins brutale (3:23) de rentrer dans la vie avec le diabète de type 1. (3:26) Oui. Dans mes groupes de parole, (3:28) beaucoup de patients parlent de sidération, de blackout.
(3:32) Certains disent qu'après l'annonce du mot diabète, (3:35) ils ne se souviennent plus de rien. (3:37) Et c'est normal, parce que face à un choc, le cerveau se protège. (3:41) Paradoxalement, c'est à ce moment-là qu'on leur demande de tout comprendre.
(3:44) Et comment on pourrait, justement, alléger les choses (3:47) et rendre cet instant difficile en un moment peut-être plus apaisé ? (3:52) Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? (3:53) Il y a trois points essentiels. (3:55) Le premier, c'est repenser l'annonce. (3:59) Éviter au maximum de la faire dans un moment d'urgence, (4:02) mais plutôt créer un dialogue apaisé.
(4:04) Pour ça, on recommande de le faire en plusieurs temps. (4:07) Accueillir les émotions, (4:10) expliquer la maladie (4:11) et aborder l'aspect soutien, l'aspect pratico-pratique. (4:14) Comment aider le patient à adapter son quotidien en fonction du diabète.
(4:18) Le deuxième point, c'est la père-aidance. (4:20) C'est quoi la père-aidance ? On rappelle à ceux qui nous regardent ce que c'est ? (4:23) La père-aidance, c'est se faire aider par des pères, (4:26) donc des gens qui vivent la même chose que nous. (4:27) Pour un patient qui a un diabète, c'est se faire aider par d'autres personnes qui ont du diabète.
(4:30) Et cette expérience du vécu, elle est importante (4:32) parce que les professionnels de santé ne l'ont pas. (4:34) Eux, ils ne vivent pas avec le diabète. (4:36) Et donc, beaucoup de patients, moi, me disent (4:37) « Mais pourquoi mon médecin ne m'a pas parlé avant de ces coupes de parole ? » (4:40) Troisième point, c'est le soutien psychologique.
(4:43) Et plus particulièrement, le rendre accessible. (4:46) Si on veut améliorer la prise en charge, (4:48) on devrait favoriser l'accès à un accompagnement psychologique (4:51) et adapté sur le plan émotionnel. (4:53) Merci pour ces explications très claires.
(4:55) Qu'est-ce qu'on pourrait dire, Arnaud, pour conclure, pour résumer ? (4:58) Ce qu'on pourrait dire, c'est déjà de souligner l'importance de l'accompagnement psychologique (5:02) puisque dans notre étude, il y avait plus de 80% des personnes qui en avaient bénéficié (5:06) qui avaient jugé ça utile. (5:08) Et on peut rajouter l'importance de la formation pour les professionnels de santé (5:11) pour le choix des mots qui sont prononcés au moment de l'annonce (5:14) pour un accompagnement qui soit le plus pertinent possible. (5:17) Merci beaucoup, monsieur, pour cet échange éclairant.
(5:19) Merci.
Vers une prise en charge globale du patient1
Vivre avec un DT1, c'est prendre de nombreuses décisions chaque jour, porter une charge mentale considérable et être à la fois patient et soignant. En tant que professionnel de santé, intégrer la dimension psychosociale à votre pratique peut faire une réelle différence.
Dans cette vidéo, Léonore Marchand, présidente de l'association Type One Family, rappelle :
Aujourd'hui, la philosophie de soins est centrée sur la pathologie. Il faudrait qu'elle soit centrée sur le patient, sur son bien-être global, qui repose à la fois sur sa santé physique et sa santé mentale.
L'importance d'une approche centrée sur le patient
(0:00) Le diabète de type 1 est une maladie encore méconnue et un sujet largement sous-estimé. (0:05) Il faut en parler, l'annonce de la maladie, le diagnostic, les mots choisis à ce moment-là, (0:11) et tout ce que cela implique pour le patient et pour ses proches. (0:14) Il faut rappeler que chaque année, des milliers de personnes déclarent en France un diabète de type 1. (0:18) Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une maladie auto-immune qui débarque comme ça sans prévenir (0:22) et qui bouleverse profondément la vie de ceux qui en sont atteints et leurs proches.
(0:27) En fait, l'idée, c'est de mieux accompagner le patient et mieux prendre en charge la maladie. (0:32) C'est même devenu une priorité de santé publique. (0:34) Car, écoutez bien, dans près d'un cas sur deux, le diagnostic survient trop tard.
(0:40) On en parle aujourd'hui avec nos invités, Arnaud Bubeck. (0:43) Bonjour Arnaud. (0:44) Bonjour.
(0:44) Merci d'être avec nous Arnaud. (0:46) Vous êtes responsable du Diabète Lab à la Fédération française des diabétiques. (0:50) À vos côtés, Léonore Marchand.
(0:52) Bonjour Léonore. (0:53) Bonjour. (0:53) Vous Léonore, vous êtes présidente de l'association Type 1 Family.
(0:58) Arnaud, on va commencer avec vous. (1:00) Les mots que l'on choisit au moment où l'on pose le diagnostic, (1:04) ils sont d'une importance capitale pour la suite. (1:06) Tout à fait.
(1:07) Notre étude montre notamment l'impact du diagnostic sur les personnes concernées. (1:11) Il y avait plus d'une personne atteinte de diabétie 1 sur 2 (1:13) qui déclarait avoir connu des épisodes de dépression ou d'anxiété à la suite du diagnostic. (1:18) Et ce chiffre montait à plus de 75% pour les proches, (1:22) donc plus des trois quarts qui avaient connu ces épisodes de dépression ou d'anxiété.
(1:27) Notre enquête montrait aussi un aspect plus positif (1:29) qui concernait l'impact d'un accompagnement psychologique après le diagnostic. (1:33) Pour les personnes qui en avaient bénéficié, (1:35) elles étaient 80% à estimer que ça leur avait été vraiment utile. (1:39) Donc il y a un vrai besoin à ce niveau-là.
(1:40) Notre enquête aussi parlait de tout ce qui était lié à la pérédence. (1:43) C'est quoi la pérédence ? (1:45) La pérédence, c'est la façon dont les personnes directement concernées par la maladie, (1:49) donc les patients, les proches, (1:50) peuvent s'entraider pour mieux vivre avec la maladie. (1:54) Et on voyait dans notre enquête que pour les personnes atteintes de diabète type 1, (1:57) elles étaient plus des deux tiers à estimer qu'elles auraient pu bénéficier de cet accompagnement.
(2:02) Et pour les proches, ce chiffre montait à plus de 80%. (2:04) Donc là encore, un besoin plus important pour les proches. (2:08) Enfin, notre enquête parlait aussi de tout ce qui était lié au dépistage précoce.
(2:12) Ce dépistage précoce, qu'est-ce qu'il peut apporter aux patients ? (2:15) Ce qu'on voyait, c'était notamment qu'il y avait plus d'un tiers des répondants (2:18) qui pensaient qu'un diagnostic précoce de la maladie (2:21) aurait pu modifier leur vécu avec le diabète. (2:25) De quelle manière ? (2:27) En leur permettant de mieux se préparer à appréhender la maladie, (2:30) en évitant que les choses se fassent dans l'urgence, (2:33) dans le contexte d'une annonce qui soit trop brutale, (2:35) où il y a beaucoup d'émotions qui sont en jeu, (2:38) et où on n'arrive pas forcément à bien appréhender (2:39) tout ce qui est lié au traitement, aux complications, etc. (2:43) Et puis Léonore, l'idée, c'est d'accompagner.
(2:45) Exactement. En France, on a la chance d'avoir un suivi médical de qualité. (2:50) En revanche, en termes de suivi de santé mentale, (2:52) on n'est absolument pas accompagnés.
(2:54) Parfois, on va nous proposer de voir une psychologue au diagnostic, (2:57) et après, plus rien. (2:58) Alors que le diabète de type 1, c'est une maladie chronique, (3:01) on va vivre avec toute notre vie, (3:03) et on va prendre des centaines de décisions par jour. (3:05) En fait, on est à la fois le patient et le soignant, (3:08) et c'est une des rares maladies où on doit prendre toutes ces décisions (3:11) toute la journée.
(3:12) On a une charge mentale énorme, et on n'est pas accompagnés pour ça. (3:15) Comment est-ce qu'on peut la soulager, cette charge mentale ? (3:18)
Avec l'avancée des technologies et des traitements, (3:20) on a tendance à se concentrer sur les chiffres, (3:23) sur la glycémie, sur les courbes, sur les pourcentages. (3:26) En fait, il ne faut pas perdre de vue qu'on parle d'un humain, (3:30) et il faut vraiment se concentrer sur le bien-être global (3:32) de la personne qui est atteinte de diabète, (3:34) et aussi sur le fait que ce n'est pas seulement une pathologie, (3:36) c'est un vrai chamboulement dans la vie (3:38) pour cette personne et pour son entourage.
(3:41) En fait, ce que vous évoquez là, c'est l'importance de rajouter de l'humain (3:44) dans un parcours médical qui, bien souvent, peut apparaître trop froid. (3:48) Exactement. Aujourd'hui, la philosophie de soins, (3:50) elle est centrée sur la pathologie, (3:52) et il faudrait qu'elle soit centrée sur l'humain.
(3:53) Il faut qu'on pense à son bien-être global (3:55) qui repose à la fois sur son bien-être physique, (3:58) sa santé physique et sa santé mentale. (4:01) En fait, au moment du diagnostic, (4:02) beaucoup de personnes perdent leur passion ou s'arrêtent de voyager (4:06) ou prennent des décisions qui dégradent leur qualité de vie. (4:09) L'accompagnement au niveau de la santé mentale, (4:11) il est fait aujourd'hui par les associations.
(4:13) Et je pense que les institutions devraient aussi le porter, (4:16) que ce soit par l'accompagnement psychologique ou la pérédance. (4:19) Donc, ce que nous dit Léonore, (4:21) c'est que les besoins, Arnaud, ne sont pas que des besoins médicaux. (4:25) Ce sont aussi des besoins relationnels.
(4:27) Ce sont aussi des besoins psychologiques. (4:28) Oui, et pourtant, dans notre enquête, (4:30) on montrait que seuls 16% des personnes atteintes de diabète type 1 (4:34) se sont vues proposer un accompagnement psychologique après l'annonce. (4:38) Donc, on voit qu'il y a une grande marge de progression à avoir à ce niveau-là.
(4:41) Bon, pour résumer, qu'est-ce qu'on pourrait dire ? (4:43) Pour résumer, je pense qu'il faudrait que l'accompagnement se fasse (4:46) dès le moment du diagnostic. (4:48) Il faudrait mieux intégrer toute la dimension psychosociale (4:51) et pas uniquement médicale de la maladie. (4:54) Il faut mieux intégrer les dimensions de santé mentale au parcours de soins, (4:58) orienter et informer sur l'existence des associations de patients (5:01) et enfin, informer sur l'existence et la pertinence (5:04) d'un diagnostic précoce de la maladie.
(5:08) Eh bien, merci à vous deux de nous avoir éclairés. (5:10) Merci, Arnaud. Merci, Léonore.
Espoir et résilience : ce que les patients auraient aimé entendre
Dans cette vidéo, des patients partagent ce qu'ils auraient aimé entendre au moment de leur diagnostic. Marc, Alexia, Thomas et Françoise témoignent de leur vécu et des mots qui auraient pu les aider à mieux traverser cette étape.
Ils témoignent des mots qu’ils auraient aimé entendre :
Tu es un être humain et tu vis, et pas forcément tu es un patient.
Le diabète va être un compagnon encombrant [...] mais ça ne t'empêchera pas d'atteindre les objectifs que tu veux.
Aie confiance en toi et ça va aller.
Témoignages patients
(0:09) Alors, je m'appelle Marc Binguet et j'ai 68 ans depuis hier. (0:15) Je m'appelle Alexia et j'ai 29 ans. (0:16) Je m'appelle Thomas et j'ai 31 ans.
(0:18) Alors, je m'appelle Françoise Acaz et j'ai 68 ans. (0:25) J'ai été diagnostiquée à l'âge de 7 ans, donc en janvier 2004. (0:30) J'ai de vagues souvenirs, notamment à l'hôpital et surtout là-haut, (0:35) car j'étais forcément malade.
(0:37) Ça a bien traîné. (0:38) Ensuite, il y a eu une prise de sang. (0:40) Et à partir de là, direction les urgences pédiatriques de New York.
(0:44) J'ai été diagnostiquée à l'âge de 14 ans. (0:47) Et en fait, j'avais soif et j'étais hyper fatiguée. (0:50) Donc, j'ai dû voir un médecin.
(0:51) Mon médecin traitant m'a prescrit des analyses de sang et d'urine. (0:55) Et c'est là qu'on s'est aperçu que j'étais diabétique. (0:58) J'ai été diagnostiquée à 20 ans.
(1:00) J'avais perdu beaucoup de poids. (1:01) Je buvais un mando. (1:01) J'allais très souvent en toilette.
(1:03) Des symptômes assez classiques. (1:05) Mais qui étaient passés assez inaperçus. (1:09) Parce que 2015 était une année assez chargée pour moi, avec beaucoup de stress.
(1:12) Jusqu'au jour où on m'a demandé si je n'avais pas les problèmes liés au diabète. (1:20) Ma réaction a été la sidération. (1:22) Parce que je passais d'une personne qui n'avait pas de maladie (1:26) à quelqu'un qui devait gérer une maladie.
(1:29) C'était un changement radical de perception de la vie. (1:34) Alors forcément, à 7 ans, c'est assez délicat de conscientiser le diabète (1:39) et les implications que ça va avoir dans la vie future. (1:43) Mais j'ai une anecdote que ma mère m'a racontée a posteriori.
(1:46) C'était ma question de savoir si on allait continuer les piqûres à la maison ou pas. (1:51) La réponse étant oui, bien sûr. (1:54) Car forcément, j'ai appris avec l'équipe soignante à faire les piqûres à l'hôpital.
(1:58) Mais ça allait forcément se poursuivre à la maison. (2:01) Déjà, mes parents, quand ils sont venus du laboratoire avec les analyses, (2:04) ils étaient complètement follés. (2:06) Et ça m'a transmis aussi, du coup, une peur.
(2:09) J'ai eu peur de ce mot diabète, sans savoir ce que ça allait m'impliquer (2:12) dans ma vie immédiate et ultérieure. (2:15) Et à 15 ans, lors d'un conseil d'orientation, (2:18) j'ai appris que je ne pouvais pas être institutrice. (2:22) C'est pas à peine que je passe le concours d'école normale, (2:23) car je serais recalée à la visite médicale.
(2:26) Car à l'époque, tous les métiers de la fonction publique étaient refusables et diabétiques. (2:36) Quand j'y repense, ça m'aurait beaucoup aidé d'avoir un accompagnement psychologique, (2:40) juste après l'annonce, pendant les jours qui ont suivi, (2:42) pendant la première hospitalisation. (2:44) A l'époque, on parlait beaucoup moins de santé mentale et de diabète.
(2:46) Aujourd'hui, c'est un sujet qui est mis en avant de plus en plus. (2:50) Je crois que j'aurais eu besoin qu'on me parle d'avenir (2:52) et que l'on me dise, finalement, (2:57) si tu as des projets, tu peux encore les faire. (3:01) Voyager, travailler, aimer, (3:05) tout ce qui fait la beauté de la vie n'était pas enlevé par cette maladie.
(3:09) J'aurais été bien d'avoir un peu plus d'empathie de la part du personnel soignant, (3:12) avec une annonce un peu moins violente, (3:16) et surtout des explications sur cette maladie. (3:23) J'aurais adoré avoir des capteurs de glucose en continu (3:26) et une pompe à insuline dès le début du diabète, (3:29) ce qui n'était pas le cas, (3:31) vu que pendant des années, j'ai eu les glycémies capillaires et les piqûres. (3:36) Forcément, grâce aux nouveaux dispositifs, (3:39) la manière de vivre avec le diabète a quand même évolué (3:42) et il y a un confort qui s'est quand même installé grâce à ça.
(3:46) Avoir un meilleur accompagnement sur toute la compréhension des implications du diabète, (3:49) que ce soit bien sûr sur l'impact de l'alimentation sur la glycémie, (3:53) parce que l'insuline ne fait pas tout, (3:55) mais aussi de comprendre l'impact du stress, (3:58) l'impact de la fatigue, l'impact de la chaleur, (3:59) tous ces éléments qui font qu'on ne peut pas toujours tout maîtriser, (4:03) mais qu'on peut essayer de comprendre un peu mieux chaque jour. (4:05) Ce que j'aurais aimé savoir, c'est en fait difficile, (4:08) parce que c'est par l'expérience qu'on apprend. (4:11) Ce que j'aurais aimé entendre, c'est (4:15) tu es un être humain et tu vis, (4:17) et pas forcément tu es un patient et on va t'apprendre à gérer ta maladie.
(4:25) Vu tout ce que j'ai connu au départ, (4:29) ça ne m'a pas empêché de réussir mes études, (4:31) ma vie familiale, mon travail. (4:34) J'ai travaillé sans problème. (4:35) Et surtout, grâce à la Fédération, (4:38) il n'y a presque plus de métiers interdits, (4:40) chose qu'à l'époque c'était un peu inadmissible.
(4:43) Je dirais que tu as le droit d'avoir peur, (4:45) tu as le droit d'être en colère, (4:47) mais dis-toi bien que la vie continue. (4:49) Le diabète va être un compagnon encombrant pendant très longtemps, (4:53) mais ça ne t'empêchera pas d'atteindre les objectifs que tu veux (4:57) et de vivre une vie dont tu rêves à tes 20 ans. (5:00) Je dirais que ça va aller, (5:02) que ce n'est pas parce qu'on a un diabète que je ne pourrais pas voyager, (5:05) que je ne pourrais pas étudier, que je ne pourrais pas m'amuser, (5:08) car tout ça, c'est faux.
(5:10) Aie confiance en toi et ça va aller.
Ce que vous pouvez retenir pour votre pratique : l'annonce du DT1 marque durablement le parcours des patients et de leurs proches. Le dépistage précoce représenterait une opportunité de transformer cette étape en un parcours mieux préparé.
En tant que professionnel de santé, vous jouez un rôle clé dans cette transformation : informer sur le dépistage, orienter vers un accompagnement psychosocial et intégrer les proches dans la prise en charge.
Références
- Bubeck A, et al. Étude mixte sur l’impact du diagnostic de diabète de type 1 sur la qualité de vie et la santé mentale. Med Mal Metab. 2026
- Mallone R et al. Dépistage et prise en charge du diabète de type 1 préclinique, stade 1–2.Prise de position d’experts français. Med Mal Metab 2024
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