- Article
- Source : Campus Sanofi
- 3 août 2026
Rhinosinusite chronique avec polypes nasaux ou rhinite allergique ?

📌 Points clés à retenir :
- La distinction rhinite allergique/polypose repose sur l'endoscopie nasale et l'anamnèse ciblée
- L'anosmie significative oriente vers une polypose naso-sinusienne
- Les tests allergologiques confirment la rhinite allergique
- La prise en charge diffère : corticothérapie locale vs approche multimodale chirurgicale
- L'orientation spécialisée est indiquée en cas d'échec thérapeutique ou de signes d'alarme
- Les biothérapies révolutionnent le traitement des polypose sévères résistantes
Symptômes et caractéristiques
Rhinosinusite chronique avec polypes nasaux (CRSwNP)
La CRSwNP se caractérise par1:
- Une obstruction nasale persistante, souvent sévère
- Une hyposmie ou anosmie (réduction ou perte de l'odorat)
- Des écoulements nasaux épais et purulents
- Des douleurs faciales et céphalées fréquentes
- Un diagnostic confirmé par endoscopie nasale permettant la visualisation des polypes, et par scanner des sinus selon le score de Lund-Mackay3
Rhinite allergique (RA) :
La rhinite allergique se manifeste par2:
- Des éternuements répétés
- Un écoulement nasal clair et aqueux
- Une congestion nasale intermittente, souvent saisonnière
- Des démangeaisons nasales et oculaires
- Un diagnostic reposant sur l'histoire clinique et confirmé par le test cutané (Prick Test) : résultat positif = papule ≥ 3 mm après 15-20 minutes4
Tableau comparatif différentiel entre la CRSwNP et la Rhinite Allergique
| Symptômes | CRSwNP¹ | Rhinite Allergique² |
| Obstruction nasale | Persistante, souvent sévère | Intermittente (saisonnière) ou perannuelle (acariens, animaux) |
| Écoulement nasal | Épais, purulent, postérieur | Clair, aqueux, antérieur |
| Odorat | Réduit ou absent (85% si score LM ≥12) | Normal ou légèrement réduit |
| Douleurs faciales | Fréquentes (pression sinusienne) | Rares |
| Céphalées | Fréquentes (frontales, maxillaires) | Rares |
| Démangeaisons oculaires | Rares | Fréquentes (conjonctivite associée) |
| Éternuements | Rares | Fréquents (salves matinales) |
| Réponse au traitement | INCS : 60% d'amélioration partielle
Chirurgie nécessaire si échec à 3 mois | INCS : 80% de contrôle satisfaisant
Antihistaminiques : efficacité variable |
| Évolution | Progressive, récidivante | Stable ou aggravation saisonnière |
Diagnostic
CRSwNP
Le score de Lund-Mackay3 est l'outil de référence pour évaluer l'étendue de la maladie par scanner. Chaque groupe sinusien est coté de 0 à 2 (0 = normal, 1 = opacification partielle, 2 = opacification totale), pour un score total de 0 à 24.
Seuils décisionnels en pratique clinique :
- Score 0-8 : Atteinte légère → Traitement médical optimisé
- Score 9-16 : Atteinte modérée → Chirurgie si échec médical après 3 mois
- Score 17-24 : Atteinte sévère → Chirurgie recommandée d'emblée
Corrélation clinique : Score ≥ 12 associé à une anosmie significative dans 85% des cas.
Rhinite allergique
Le test cutané par prick-test est l'examen de référence pour confirmer une sensibilisation IgE-médiée4. Un panel standard européen de 18 allergènes inhalants est recommandé (graminées, acariens, chat, chien, moisissures, pollens…). Sa sensibilité est de 70-95% et sa spécificité de 80-97% pour le diagnostic des allergies respiratoires. Le test doit être réalisé à distance de toute prise d'antihistaminiques (arrêt ≥ 5-7 jours)4.
Options thérapeutiques
CRSwNP1

** Les recommandations SFORL 2023 définissent la chirurgie comme étant une ethmoïdectomie11.
*** Pour les recommandations SFORL 2023
# Approuvées par la HAS11
Rhinite allergique — Algorithme ARIA2
L'algorithme ARIA propose une approche par paliers basée sur l'échelle visuelle analogique (EVA) :
| Palier | Traitement |
| T1 | Antihistaminique oral/nasal, antagoniste des leucotriènes ou cromones |
| T2 | Corticostéroïde intranasal (INCS) |
| T3 | INCS + azélastine intranasale (MPAzeFlu) |
| T4 | Corticostéroïde oral (courte durée) |
| T5 | Référence spécialiste + immunothérapie allergénique |
Données de vie réelle2 : Les patients sous INCS ou MPAzeFlu présentent un meilleur contrôle que ceux sous antihistaminiques oraux seuls. L'adhérence au traitement reste cependant inférieure à 5% dans la vraie vie.
Conclusion
La distinction entre CRSwNP et rhinite allergique repose sur une approche diagnostique rigoureuse combinant l'examen clinique, l'endoscopie nasale, le score de Lund-Mackay3 et le prick-test4.
La prise en charge thérapeutique doit être adaptée à chaque pathologie : chirurgicale pour les polypes réfractaires1, médicamenteuse et étagée pour la rhinite allergique selon les recommandations ARIA 20202.
FAQ
« Les guidelines ARIA 20202 et EPOS 20201 ne recommandent pas de traitements naturels validés pour la rhinosinusite ou la rhinite allergique ; la prise en charge repose sur l'éviction allergénique, les corticostéroïdes intranasaux, les antihistaminiques et, en cas d'échec, l'immunothérapie allergénique. »
« Selon l'algorithme ARIA 20202, l'immunothérapie allergénique (palier T5) est indiquée en cas de rhinite allergique insuffisamment contrôlée par les traitements médicamenteux, après avis spécialisé. »
Références
- Fokkens WJ, Lund VJ, Hopkins C, et al. European Position Paper on Rhinosinusitis and Nasal Polyps 2020. Rhinology. 2020;58(Suppl S29):1-464. PMID: 32077450
- Bousquet J, Schünemann HJ, Togias A, et al. Next-generation ARIA guidelines for allergic rhinitis based on GRADE and real-world evidence. J Allergy Clin Immunol. 2020;145:70-80.
- Lund VJ, Mackay IS. Staging in rhinosinusitis. Rhinology. 1993;31:183-184.
- Heinzerling L, Mari A, Bergmann KC, et al. The skin prick test – European standards. Clin Transl Allergy. 2013;3:3.
MAT-FR-2602772-07/26