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L’étude nationale FASE-CPHG a permis de décrire de nombreuses caractéristiques de patients AS, et s’est intéressée tout particulièrement à leur AP.

Méthodes de l'étude

Cette étude observationnelle, prospective, multicentrique a inclus tous les patients AS âgés de plus de 18 ans consultant entre mai 2016 et juin 2017 dans un des 104 centres hospitaliers généraux français participants. L’AS était défini selon les critères du GINA 2016 et ce diagnostic devait être confirmé par un pneumologue. Seuls étaient exclus les patients ayant refusé de participer à l’étude, et ceux porteurs d’une hémopathie maligne ou d’un cancer. Outre les données sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et les informations obtenues à l’aide d’auto-questionnaires (échelle HAD, questionnaire de Morisky), des données sur l’AP faisaient l’objet d’un interrogatoire minutieux. L’AP était définie comme « tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques et se traduisant par une dépense énergétique » ; elle était convertie en MET (Metabolic Equivalent of Task), afin de la classer selon 4 niveaux :

  • Niveau 1 (aucune) = pas d’AP en dehors de l’AP minimale de la vie courante (AP < 3 MET)

  • Niveau 2 (occasionnelle) = AP régulière mais modérée (AP entre 3 à 5 MET)

  • Niveau 3 (régulière) = AP régulière (AP entre 5 et 7 MET)

  • Niveau 4 (fréquente) = AP au moins 3 fois par semaine, ou activité sportive régulière, ou compétition (AP > 7 MET).

Résultats de l'étude

Entre mai 2016 et juillet 2017, 1465 patients ont été inclus dans la population d’analyse dont 97,8 % définis comme étant AS, pour la plupart non contrôlés (71 %) et atopiques (66 %). La population étudiée était majoritairement féminine (63 %), avec un âge moyen de 54 ans. On retrouvait de nombreux facteurs aggravants de l’asthme : le reflux gastro-oesophagien (RGO, 39 %), l'obésité (32%), le tabagisme actif (12%), le syndrôme d'apnées obstructives du sommeil (SAOS). 

L’âge, le sexe, l’IMC des patients et le niveau de contrôle de l’asthme différaient significativement en fonction de l’AP : une AP de niveau 4 était moins pratiquée chez les personnes âgées > 60 ans, les femmes et les patients obèses ; le pourcentage de sujets contrôlés ou partiellement contrôlés augmentait avec le niveau d’AP, passant de 18 % pour les patients avec une AP de niveau 1 à 42 % pour les patients avec une AP de niveau 3 ou 4.

La proportion d’AS avec une fonction respiratoire très altérée (VEMS < 60 % de la valeur prédite) et une obésité augmentait avec la diminution de l’AP ; des résultats similaires étaient observés pour d’autres comorbidités tels que l’anxiété, le syndrome dépressif, le RGO, l’hypertension artérielle, le diabète, le SAOS et l’ostéoporose.

70 % (n=1390) des patients avaient une AP limitée ou très limitée (niveau 1 ou 2), et seulement 5 % avaient participé à un programme de réhabilitation respiratoire.

Faible activité physique et asthme sévère : Un lien à explorer

Cette étude met en évidence un très faible niveau d'activité physique chez des sujets AS avec facteurs aggravants qui ne se voient que très rarement proposer un programme de réhabilitation respiratoire, et un contrôle de l’asthme qui reste insuffisant.
Il est impossible de tirer plus de conclusions quant au lien entre manque d’AP, mauvais contrôle et degré de sévérité de l’asthme ; des études complémentaires sont nécessaires pour éclaircir ces points et émettre des recommandations.

Rédigé par :

Dr Roux-Claudé Pauline
Praticien hospitalier
Service de Pneumologie
Unité d'Explorations fonctionnelles respiratoires et allergologiques
CHRU Jean Minjoz

Références
  1. D. Coëtmeur, E. Parrat, C. Nocent-Ejnani et al. Physical activity in severe asthma: Results of the FASE-CPHG Study. Revue des Maladies Respiratoires. 2020 : 37(4) : 320-327.

7000040097 - 11/2022