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- Source : Campus Sanofi
- 10 mars 2026
Regards Croisés en BPCO – Épisode 1 : Comprendre l’asthme et la BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive)

À travers plusieurs épisodes réalisés en partenariat avec We Are Patients (WAP) Respi, média francophone de l'actualité et des témoignages patients, nous apportons un éclairage à destination des professionnels de santé sur cette pathologie qui impacte significativement la qualité de vie des patients.
🎙️ Nos experts invités : Spécialistes en pneumologie et pathologies bronchiques
Dr Christophe Marcot : Praticien hospitalier aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Service des pathologies respiratoires et de l'environnement. Expert en pathologies bronchiques (asthme et BPCO)
Dr Naji Khayath : Praticien hospitalier aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Spécialiste des maladies bronchiques (asthme et BPCO)
Décryptage de l’asthme et de la BPCO
En France, l'asthme et la BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive) touchent un nombre important de personnes. Avec plus de 4 millions de personnes atteintes d'asthme¹ et environ 3,5 millions de cas estimés de BPCO2 , ces pathologies représentent un enjeu majeur de santé publique.
Ce premier épisode aborde ces deux maladies respiratoires chroniques qui, bien que distinctes, partagent des symptômes communs qui peuvent parfois compliquer leur diagnostic .
Découvrez en quelques minutes la vidéo de cet échange entre spécialistes :
Regards Croisés en BPCO – Épisode 1 : Comprendre l’asthme et la BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive)
Bonjour, je suis le docteur Christophe Marcot, praticien hospitalier aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Je travaille dans le service des pathologies respiratoires et de l’environnement qui a pour action de s’occuper des pathologies bronchiques telles que l’asthme et la BPCO.
Bonjour, je m’appelle Naji Khayath, je suis praticien hospitalier aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Je suis spécialiste des maladies bronchiques, notamment de l’asthme et de la BPCO.
Naji, pour répondre à tous les patients qui se demandent ou qui essaient de comprendre leurs maladies respiratoires, que ce soit l’asthme ou la BPCO. Est-ce que tu pourrais donner quelques éléments d’explication sur les mécanismes qui aboutissent à la pathologie ?
Alors dans ces deux maladies, il faut savoir qu’il y a une atteinte des bronches. Ces bronches, en fait, sont comme un arbre inversé. On a d’abord un gros tronc, c’est la trachée qui va se diviser en deux et qui va permettre à l’air de passer dans chaque poumon. Et puis, dans chaque poumon, les bronches se ramifient comme des branches d’arbres. Et dans l’asthme ou dans la BPCO, c’est une atteinte des petites et moyennes bronches. Et ces petites et moyennes bronches vont être encore plus facilement encombrées ou rétrécies par la maladie. Elles vont être plus inflammatoires, il va y avoir des phénomènes aussi d’agression des bronches qui vont les rendre plus rigides, il va y avoir une hyper sécrétion de mucus.
Donc plus il y a inflammation, plus les bronches sont fermées, plus il y a de symptômes finalement.
Exactement. La bronchopneumopathie chronique obstructive est souvent associée également à de l’emphysème qui est une petite destruction au niveau des alvéoles pulmonaires, les élastiques du poumon lâchent et en fait le poumon va gonfler et ne sera plus capable d’exercer, en fait, sa fonction et la personne aura beaucoup plus de mal à respirer.
Et finalement, une question qu’on se pose, c’est comment devient-on asthmatique ? Comment développe-t-on une BPCO ?
Par rapport à la genèse de l’asthme, on sait que les parents allergiques ou asthmatiques ont malheureusement plus de chances d’avoir un enfant qui serait également allergique ou asthmatique. Ça déjà, c’est un fait.
Si on a un parent asthmatique, on a plus de chance d’être asthmatique, mais si les deux parents sont asthmatiques, c’est encore plus de chance ?
Effectivement, de ce qu’on a pu trouver dans la littérature médicale, c’est que le risque d’être asthmatique va augmenter proportionnellement finalement, au nombre de parents qui sont asthmatiques. Après, il y a beaucoup de facteurs environnementaux qui peuvent agir dans l’apparition et dans l’entretien de ces pathologies bronchiques. On sait que le tabagisme peut favoriser l’apparition d’une crise d’asthme, qui parfois, peut réellement démasquer la maladie. Le poumon et les bronches, ce sont les seuls organes vitaux qui sont directement en lien avec l’environnement. Et donc évidemment, la fumée qu’on respire a un effet très délétère. Mais on peut aussi parler, par exemple, des polluants biologiques, que nous, on appelle les allergènes. Après, il ne faut pas oublier aussi les travailleurs, les patients qui sont exposés à des produits chimiques dans le cadre de leur activité professionnelle.
Et dans le cadre de la BPCO ?
Il y a moins d’influences génétiques que dans l’asthme. On ne parle pas de terrain atopique qui a la capacité à produire une allergie. On sait qu’on a quelques types de BPCO qui sont médiés par une origine génétique. Dans ce que nous connaissons en pratique courante, comme on le voit régulièrement dans nos consultations, la grande partie des BPCO est en lien avec le tabagisme. Il faut effectivement aussi, toujours rechercher une origine professionnelle. Mais il y a aussi d’autres régions du monde dans lesquelles les patients ont des BPCO sans fumer et sans réellement être exposés à la pollution de l’air. Mais par exemple, dans les activités du quotidien, en lien avec l’exposition à la biomasse.
Et bien merci d’avoir regardé cette vidéo. Et n’oubliez pas que si vous avez le moindre doute sur une éventuelle pathologie respiratoire, que ce soit de l’asthme ou de la BPCO, l’important, c’est d’aller consulter, de vous rendre chez votre médecin pour qu’il puisse, avec vous, faire le point sur cette pathologie, et éventuellement vous accompagner à travers cette épreuve.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode en 3 points et pour aller plus loin :
Dans les deux pathologies, on observe :
- Une atteinte des petites et moyennes bronches3
- Des phénomènes d'agression des bronches qui les rendent plus rigides3
- Une hypersécrétion de mucus3
Spécificité de la BPCO : association fréquente avec un emphysème, caractérisé par la dégradation des membranes alvéolaires4
Facteurs communs aux deux pathologies :
- Des risques génétiques et environnementaux2,3,10
Pour la BPCO :
- Le tabac est impliqué dans plus de 80% des cas5
Pour l'asthme :
- Le plus souvent, il s'agit de l'association d'une prédisposition génétique et de facteurs environnementaux (allergènes, infections...)10
| BPCO | Asthme | |
| Présentation clinique | Essoufflement, toux, production de crachats3 | Respiration sifflante, dyspnée, sensation d’étouffement et toux.6 |
| Fonction respiratoire | Limitation du débit d’air caractérisée par une réduction du VEMS3 | Limitation du débit d’air, caractérisée par une réduction du VEMS, variable qui peut devenir irréversible avec le temps. Le VEMS peut revenir à des niveaux normaux lors de périodes d’asthme bien contrôlé et entre les exacerbations6 |
| Rapport VEMS/CVF | Rapport VEMS/CVF post-BD < 0,7 requis pour le diagnostic3 | Le rapport VEMS/CVF pré-BD ou post-BD peut être normal6 |
| Réponse au bronchodilatateur | Réversibilité non spécifique et non requise pour le diagnostic3 | Réversibilité excessive essentielle pour le diagnostic de l’asthme6 |
| Imagerie par tomodensitométrie à haute résolution | L’emphysème, les atteintes des voies aériennes et/ou la fibrose pulmonaire des voies aériennes et/ou la fibrose pulmonaire peuvent être présents. Imagerie généralement anormale.3 |
Peut inclure des signes de bouchons muqueux et des piégeage aérien. 6,7 Imagerie généralement normale. 6 |
| Capacité à l’exercice | Généralement limitée3 | Généralement préservée entre les crises. L’activité physique peut parfois déclencher des symptômes de l’asthme ou une bronchoconstriction qui peuvent s’aggraver après l’exercice. De plus, l’essoufflement ou la respiration sifflante pendant l’exercice peuvent être influencés par des facteurs tels que l’obésité, le manque d’activité physique ou des comorbidités6,8 |
> Dans certains cas, la distinction entre la BPCO et l’Asthme est difficile, la coexistence des deux maladies étant possible.9

Références
1 : INSERM. Asthme. Une inflammation chronique des bronches de mieux en mieux contrôlée. 13/07/2023
https://www.inserm.fr/dossier/asthme/
2 : L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO).
https://www.inserm.fr/dossier/bronchopneumopathie-chronique-obstructive-bpco/
[Consulté le 28/01/2026], mis à jour le 19/06/2020.
3 : GOLD. Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. Global strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of Chronic Obstructive Pulmonary Disease. 2026 report.
2026 GOLD Report and Pocket Guide - Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease - GOLD
4 : NIH. A quick guide on COPD
https://www.nhlbi.nih.gov/resources/quick-guide-copd
[Consulté le 28/01/2026].
5 : HAS. Guide du parcours de soins Bronchopneumopathie chronique obstructive. 2019.
Haute Autorité de Santé - Guide du parcours de soins bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
6 : Global initiative for asthma. Global strategy for asthma management and prevention. 2024.
2024 GINA Main Report - Global Initiative for Asthma - GINA
7 : Audousset C, et al. Mucus plugs in the airway of asthmatic subjects and smoking status. Respir Res. 2024:25(1):52.
Mucus plugs in the airways of asthmatic subjects and smoking status - PubMed
8 : HAS. Recommander les bonnes pratiques. Prescription d’activité physique, Asthme. 2022.
Prescription d’activité physique. Asthme
9 : HAS. BPCO : diagnostic et prise en charge.
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3115145/fr/bpcodiagnostic-et-prise-en-charge
[Consulté le 28/01/2026].
10 : Guide de poche pour le traitement et la prévention de l’asthme GINA 2020.
https://ginasthma.org/wp-content/uploads/2020/04/Main-pocket-guide_2020_04_03-final-wms.pdf
MAT-FR-2600494-01/26