- Ressource
- Source : Campus Sanofi
- 27 févr. 2026
Dr Haas : ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la Coqueluche
Dans cette vidéo, le Dr Haas explique ce qu’est la coqueluche, comment elle se transmet et l’ampleur actuelle de la maladie. Il partage également son analyse sur les moyens d’éviter de nouvelles recrudescences, entre autres points importants. Dr Haas : ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la Coqueluche
Avec la participation de :
Dr Hervé HAAS – Pédiatre infectiologue au CHU de Nice
Dr Régis VERDIER – Medical Head Mainline Products
Présentation du Dr Hervé Haas
Oui, je suis pédiatre infectiologues de Nice et je suis le président du groupe de pathologie infectieuses pédiatrique et membre d'info vague France.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est la coqueluche ?
Alors la maladie, c'est liée à une bactérie qui s'appelle Bordetella pertusis essentiellement, et qui est responsable d'une infection essentiellement au départ respiratoire. Donc, ce qu'on appelle des pneumonies, des complications à type de toux très importantes, tellement importantes que parfois ces quintes de toux peuvent entraîner des apnées, notamment chez les tout petits. Ces apnées, surtout si elles se reproduisent, peuvent entraîner un défaut d'oxygénation au niveau cérébral et entraîner des encéphalopathie, mais dans les formes les plus sévères, malheureusement, ça peut sous les formes de coqueluches maligne, entraîner des décès. Et c'est surtout les moins de six mois qui sont et on en reparlera les plus vulnérables à cette maladie. Ce qui est redoutable, c'est la première cause de mortalité par infection bactérienne chez le toute petit nourrisson en dehors des méningites.
Quelle est l'ampleur réelle de la maladie lorsqu'on observe les données épidémiologiques de la coqueluche au cours des dernières années ?
En médecine générale par exemple, il y a eu plus de 150 000 cas de coqueluches diagnostiqués par les médecins généralistes dans leur cabinet. Donc, confirmer biologiquement. Ces 150 000 cas, en fait, ont abouti pour plus de 6500 cas de passage aux urgences. La majorité des formes les plus sévères, en fait touchait des nourrissons. Plus de 300 nourrissons de moins de 12 mois ont dû être hospitalisés. Et parmi ces trois 300 nourrissons, en fait, ce seront essentiellement des moins de six mois puisque 84 % de ces enfants avaient moins de six mois.
Et malheureusement, si on focalise sur les décès, il y a eu plus d'une quarantaine de décès au total, mais la moitié, c'étaient des nourrissons de moins de six mois et en fait, 19 avaient moins de trois mois.
Donc on voyait bien, très vite que la cible privilégiée, malheureusement, de la coqueluche, c'est les moins de trois mois.
Comment expliquer cette recrudescence, et particulièrement sont intensité en 2024 ?
Alors malheureusement, je dirai, ce n'est pas une nouveauté. On a l'expérience et pas uniquement en France, dans le monde entier de pic épidémique régulier, de cycle épidémique ou on voit une montée et puis une diminution de cette épidémie, puis une recrudescence tous les cinq ans, ça dépend des années tous les cinq, sept ans. En fait, c'est lié à une chose très simple, c'est que la maladie n'est pas immunise à vie. Bordetella pertusis, quand vous l'attrapez, vous n'êtes pas protégé pour toute votre vie.
C'est la même chose concernant le vaccin, il ne vous protège pas à vie. Et donc, si à un moment vous avez une réduction de la circulation de la bactérie pour quelques motifs que ce soit, donc une population qui est moins immunisé par des contacts répétés, soit avec le vaccin, soit avec la maladie. Eh bien, vous avez à ce moment là une un vivier entre guillemets de population qui est disponible pour la maladie.
Et qu'est ce qui s'est passé en 2024 ? On était à la sortie des confinement répétés liés au COVID vide qui ont entraîné deux choses, un problème d'immunisation régulier par circulation, par persistance de la circulation de la bactérie dans la population. Donc une population qui était disponible, qui a permis une propagation très importante de la bactérie dans la population et notamment chez les tout petits nourrissons qui eux n'étaient pas immunisés. Et puis il y a une réduction de des couverture vaccinale dans la population liée au confinement.
Le confinement a entraîné un ralentissement des taux de couverture vaccinale. Pour donner un exemple :
- la couverture vaccinale chez les 11-13 ans, qui est déjà une cible privilégiée dans le calendrier, était de 76 % en 2024
- pour les 25 ans, sa chute à 36.
Donc on voit très vite, on a un effondrement.
Et si on regarde un peu plus loin, notamment chez la femme enceinte :
- on a eu une augmentation de la vaccination chez la femme enceinte progressive, mais en 2024, on n'était pas encore au point puisqu'on a atteint tout juste en 2023, par exemple 41 % de femme enceinte vaccinées.
Donc on voit bien qu'on n'était pas prêt à protéger toute cette population-là.
Que peut-on dire des plateformes vaccinales disponibles aujourd'hui et de leur rôle éventuel dans la recrudescence des cas observés en 2024 ?
Alors on sait qu'il y a des vaccins avec différents composants, plusieurs de trois, cinq composants. En fait, si la question a été légitime, on s'aperçoit en fait dans les données d'épidémiologie que l'épidémie de coqueluche a été mondiale, a touché tous les pays avec des pays qui ont utilisé des vaccins différents, des plateformes différentes et pourtant qui ont subi exactement la même épidémie. Donc, malheureusement, ou heureusement, je ne sais pas comment l'aborder, ça n'est pas lié forcément au vaccin puisque cette épidémie a été mondiale, il y a une chose très importante. C'est très clairement le taux de couverture vaccinale qui a pu avoir un impact, un taux de couverture vaccinale plus faible, vous laisse une population beaucoup plus vulnérable, beaucoup plus disponible pour la maladie. Et donc, dans ce cas, là, des gens qui sont capables de contaminer les plus fragiles et notamment les nourrissons.
Comment éviter un pic d'une telle intensité à l'avenir ?
Alors, si on a quelque part fait notre deuil avec les vaccins qu'on a à nos dispositions de l'éradication de la maladie, pour autant, il est important de pouvoir maintenir des couvertures vaccinales pertinentes, notamment chez les plus jeunes qui sont en contact avec les petits nourrissons. Et je vais revenir là-dessus, mais aussi chez les plus âgés parce qu'ils sont aussi les plus fragiles, donc d'avoir des couvertures vaccinales en population générale qui soient les plus élevées possibles. Mais on s'est bien rendu compte que la population la plus à risque, ce sont les nourrissons les moins de six mois. Ceux-là et surtout les moins de trois mois, le temps que la vaccination fasse de l'effet pour eux.
Qu'est-ce qu'il faut pour qu'il soit le mieux protégé? Et en fait, c'est la vaccination de la maman pendant la grossesse. C'est la vaccination de la femme enceinte qui est l'arme la plus efficace pour éviter les formes les plus graves, c'est à dire les formes les plus graves des nourrissons. Et donc il faut qu'on vaccine à chaque grossesse la femme enceinte pour qu'elle puisse transmettre les ses anticorps protecteurs, notamment en fin de grossesse à son bébé, et que ce bébé soit immunisé dès la naissance pendant les trois à six premiers mois de sa vie jusqu'à ce que ses propres vaccins prennent le relais. Donc, la femme enceinte est la cible privilégiée.
Dans cette vidéo, le Dr Haas explique ce qu’est la coqueluche, comment elle se transmet et l’ampleur actuelle de la maladie. Il partage également son analyse sur les moyens d’éviter de nouvelles recrudescences, entre autres points importants. Dr Haas : ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la Coqueluche
Avec la participation de :
Dr Hervé HAAS – Pédiatre infectiologue au CHU de Nice
Dr Régis VERDIER – Medical Head Mainline Products
Présentation du Dr Hervé Haas
Oui, je suis pédiatre infectiologues de Nice et je suis le président du groupe de pathologie infectieuses pédiatrique et membre d'info vague France.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est la coqueluche ?
Alors la maladie, c'est liée à une bactérie qui s'appelle Bordetella pertusis essentiellement, et qui est responsable d'une infection essentiellement au départ respiratoire. Donc, ce qu'on appelle des pneumonies, des complications à type de toux très importantes, tellement importantes que parfois ces quintes de toux peuvent entraîner des apnées, notamment chez les tout petits. Ces apnées, surtout si elles se reproduisent, peuvent entraîner un défaut d'oxygénation au niveau cérébral et entraîner des encéphalopathie, mais dans les formes les plus sévères, malheureusement, ça peut sous les formes de coqueluches maligne, entraîner des décès. Et c'est surtout les moins de six mois qui sont et on en reparlera les plus vulnérables à cette maladie. Ce qui est redoutable, c'est la première cause de mortalité par infection bactérienne chez le toute petit nourrisson en dehors des méningites.
Quelle est l'ampleur réelle de la maladie lorsqu'on observe les données épidémiologiques de la coqueluche au cours des dernières années ?
En médecine générale par exemple, il y a eu plus de 150 000 cas de coqueluches diagnostiqués par les médecins généralistes dans leur cabinet. Donc, confirmer biologiquement. Ces 150 000 cas, en fait, ont abouti pour plus de 6500 cas de passage aux urgences. La majorité des formes les plus sévères, en fait touchait des nourrissons. Plus de 300 nourrissons de moins de 12 mois ont dû être hospitalisés. Et parmi ces trois 300 nourrissons, en fait, ce seront essentiellement des moins de six mois puisque 84 % de ces enfants avaient moins de six mois.
Et malheureusement, si on focalise sur les décès, il y a eu plus d'une quarantaine de décès au total, mais la moitié, c'étaient des nourrissons de moins de six mois et en fait, 19 avaient moins de trois mois.
Donc on voyait bien, très vite que la cible privilégiée, malheureusement, de la coqueluche, c'est les moins de trois mois.
Comment expliquer cette recrudescence, et particulièrement sont intensité en 2024 ?
Alors malheureusement, je dirai, ce n'est pas une nouveauté. On a l'expérience et pas uniquement en France, dans le monde entier de pic épidémique régulier, de cycle épidémique ou on voit une montée et puis une diminution de cette épidémie, puis une recrudescence tous les cinq ans, ça dépend des années tous les cinq, sept ans. En fait, c'est lié à une chose très simple, c'est que la maladie n'est pas immunise à vie. Bordetella pertusis, quand vous l'attrapez, vous n'êtes pas protégé pour toute votre vie.
C'est la même chose concernant le vaccin, il ne vous protège pas à vie. Et donc, si à un moment vous avez une réduction de la circulation de la bactérie pour quelques motifs que ce soit, donc une population qui est moins immunisé par des contacts répétés, soit avec le vaccin, soit avec la maladie. Eh bien, vous avez à ce moment là une un vivier entre guillemets de population qui est disponible pour la maladie.
Et qu'est ce qui s'est passé en 2024 ? On était à la sortie des confinement répétés liés au COVID vide qui ont entraîné deux choses, un problème d'immunisation régulier par circulation, par persistance de la circulation de la bactérie dans la population. Donc une population qui était disponible, qui a permis une propagation très importante de la bactérie dans la population et notamment chez les tout petits nourrissons qui eux n'étaient pas immunisés. Et puis il y a une réduction de des couverture vaccinale dans la population liée au confinement.
Le confinement a entraîné un ralentissement des taux de couverture vaccinale. Pour donner un exemple :
- la couverture vaccinale chez les 11-13 ans, qui est déjà une cible privilégiée dans le calendrier, était de 76 % en 2024
- pour les 25 ans, sa chute à 36.
Donc on voit très vite, on a un effondrement.
Et si on regarde un peu plus loin, notamment chez la femme enceinte :
- on a eu une augmentation de la vaccination chez la femme enceinte progressive, mais en 2024, on n'était pas encore au point puisqu'on a atteint tout juste en 2023, par exemple 41 % de femme enceinte vaccinées.
Donc on voit bien qu'on n'était pas prêt à protéger toute cette population-là.
Que peut-on dire des plateformes vaccinales disponibles aujourd'hui et de leur rôle éventuel dans la recrudescence des cas observés en 2024 ?
Alors on sait qu'il y a des vaccins avec différents composants, plusieurs de trois, cinq composants. En fait, si la question a été légitime, on s'aperçoit en fait dans les données d'épidémiologie que l'épidémie de coqueluche a été mondiale, a touché tous les pays avec des pays qui ont utilisé des vaccins différents, des plateformes différentes et pourtant qui ont subi exactement la même épidémie. Donc, malheureusement, ou heureusement, je ne sais pas comment l'aborder, ça n'est pas lié forcément au vaccin puisque cette épidémie a été mondiale, il y a une chose très importante. C'est très clairement le taux de couverture vaccinale qui a pu avoir un impact, un taux de couverture vaccinale plus faible, vous laisse une population beaucoup plus vulnérable, beaucoup plus disponible pour la maladie. Et donc, dans ce cas, là, des gens qui sont capables de contaminer les plus fragiles et notamment les nourrissons.
Comment éviter un pic d'une telle intensité à l'avenir ?
Alors, si on a quelque part fait notre deuil avec les vaccins qu'on a à nos dispositions de l'éradication de la maladie, pour autant, il est important de pouvoir maintenir des couvertures vaccinales pertinentes, notamment chez les plus jeunes qui sont en contact avec les petits nourrissons. Et je vais revenir là-dessus, mais aussi chez les plus âgés parce qu'ils sont aussi les plus fragiles, donc d'avoir des couvertures vaccinales en population générale qui soient les plus élevées possibles. Mais on s'est bien rendu compte que la population la plus à risque, ce sont les nourrissons les moins de six mois. Ceux-là et surtout les moins de trois mois, le temps que la vaccination fasse de l'effet pour eux.
Qu'est-ce qu'il faut pour qu'il soit le mieux protégé? Et en fait, c'est la vaccination de la maman pendant la grossesse. C'est la vaccination de la femme enceinte qui est l'arme la plus efficace pour éviter les formes les plus graves, c'est à dire les formes les plus graves des nourrissons. Et donc il faut qu'on vaccine à chaque grossesse la femme enceinte pour qu'elle puisse transmettre les ses anticorps protecteurs, notamment en fin de grossesse à son bébé, et que ce bébé soit immunisé dès la naissance pendant les trois à six premiers mois de sa vie jusqu'à ce que ses propres vaccins prennent le relais. Donc, la femme enceinte est la cible privilégiée.
MAT-FR-2600549